YEMI ALADE: Princesse Afropolitaine (pour Radar Black Magazine – n°3 – juillet 2017)

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Paris, 3 avril 2017, 19 h. A quelques jours de son concert dans la salle parisienne du Trianon, Yemi Alade nous tease sur les réseaux sociaux : «  Paris, nous sommes enfin là  ! ». Nous rencontrons ce jour Yemi Alade à l’occasion d’un point de presse qu’elle donne dans les locaux de Torpedo Productions dans le 18ème à Paris. La chanteuse nigériane de 28 ans est heureuse de revenir à Paris tout juste deux ans après son dernier passage, pour la sortie de son premier album «  King of the Queens  ».

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@par coeurdelouve.com

 

Yemi Eberechi Alade, chante depuis son plus jeune âge dans le choeur de son église à Lagos et c’est en 2005, à l’âge de  16 ans qu’elle se lance au sein d’un girls band «Noty Spice  »  qui ne rencontre pas un grand succès. Le tournant de sa carrière arrivera en  2009 lorsqu’elle gagne le télé-crochet «  Peak Talent show  » qui va lui donner la confiance nécessaire pour poursuivre sa carrière musicale.

Trouvant son inspiration dans les différents environnements qu’elle côtoie, la jeune artiste en herbe travaille beaucoup et met son inspiration au service de la musique ne cherchant pas  à sortir un hit à tout prix. C’est pourtant ce qui arrivera  lorsque le morceau «  Johnny  » fuite en ligne et suscite immédiatement l’engouement des internautes qui propulsent la jeune femme au rang de star internationale, notamment au sein de la diaspora africaine. Le titre est devenu un véritable classique, loin de tomber dans l’oubli et appartenant à une génération de jeunes africains ou afrodescendants qui se l’approprient. C’est le cas de Micaela Coel, comédienne anglaise d’origine Ghanéenne, qui utilise le titre à deux reprises dans sa série « Chewing-gum ».

Et c’est précisément ce qui traduit le succès de Yemi Alade: une musique qui dépasse les frontières du Nigéria et du continent africain. Comme elle-même le dit  si bien: «  la musique africaine est globale et unique, les seules différences viennent des langues employées mais la puissance est la même  ». Cet état de fait est justifié par le succès ces derniers mois d’artistes africains aux Etats-Unis. On peut citer la collaboration de l’artiste Nigérian, Wizkid avec Drake sur le titre «  Hush up the silence  », le titre Afrobeat d’Omarion «  Distance  » ou encore Jidenna qui renoue avec ses origines nigériannes.

Yemi Alade confirme que  «  La musique africaine lui rassemble  profondément c’est pourquoi elle est extrêmement fière d’être considérée comme une de ses ambassadrices  » et d’avoir pu travailler avec de nombreux artistes comme Marvin ou Trey Songz.

Les réseaux sociaux ont apporté un certain dynamisme pour favoriser la connexion de différents artistes, ce qu’elle encourage en participant à l’émission Coke Studio Africa, qui réunit plusieurs artistes africains sur un plateau pour des performances musicales. Engagée en faveur de la création artistique, Yemi Alade l’est aussi auprès de l’organisation ONE dans la lutte pour l’émancipation des femmes, l’accès aux soins et à l’éducation de ces dernières car pour elle «  lorsqu’on éduque une femme, on éduque toute une génération  ». Son implication en faveur de causes féministes est soulignée par sa participation au titre «  Strong girl  » aux côtés de  8 artistes africaines et la signature de la lettre aux dirigeants pour sortir la femme de l’extrême pauvreté.

Son nouvel album «  Mama Africa: The diary of an african woman  » porte aussi la voix d’une femme qui sait ce qu’elle veut et ne veut plus, à travers des chansons sentimentales et entraînantes. Même si l’ensemble de ses fans ne comprend pas toutes ses  paroles, il comprend bien l’identité de la jeune artiste à travers ses clips et sa scénographie.

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@by coeurdelouve.com

Le concert qui affiche complet, confirme l’adhésion de son public francophone impatient de la voir apparaître, qui scande déjà son nom durant la première partie, assurée par la chanteuse franco-congolaise Djany, l’artiste camerounaise Adel Katt et le jeune franco- togolais nigérian, Pheno Ambro.

Entourée de son fidèle orchestre, l’OvaSabi Band, Yemi apparaît enfin sur scène dans une première tenue qui lui donne une allure féline et royale et domine la scène de sa prestance et de sa voix notamment sur le titre «  Na Gode  ». Confirmant son affection pour la langue française, elle reprend son titre «  Kissing  » avec le chanteur Marvin, s’adressant à plusieurs reprises à son public en français et électrise à nouveau la foule lorsqu’elle réapparaît dans une tenue signée de la marque nigériane, AMARELIS ATELIER.

Quand on lui pose la question de savoir où elle trouve l’inspiration pour ses tenues, ses accessoires et ses coiffures,  elle répond avec humour et franchise « Vous voulez que je partage avec vous tous mes secrets  ?! Je suis africaine et comme pour mes chansons tout ce que je fais est en rapport avec l’Afrique, je suis fière d’être celle que je suis, nous devrions tous l’être  »

Yemi Alade réussit son retour en France et confirme son souhait de préparer un EP en français, pour se rapprocher de son public francophone et rassembler toujours plus autour de la musique africaine.

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