Festival – Le Fraîches Women Festival – 1ère édition ( par l’Afro le blog)

Le dimanche 6 mai 2018 j’ai assisté au tout premier festival Fraîches Women Festival organisé par  Dolorès Bakèla et Adiaratou Diarrassouba, fondatrices du site collaboratif L’afro le site, et je me devais de vous en parler ici !

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©lafrolesite.wordpress.com

Je n’ai pas hésité une seconde à prendre mon pass pour la journée et la soirée, parce que je voulais être témoin de cette première édition….  et je souhaite du fond du coeur une belle longévité pour cette initiative (instant friiiiime : comme pour les premières des festivals auxquels j’ai pu assister tels que la nuit blanche et le  festival Solidays (Thanks Mama !) )

Je vous explique pourquoi :

Ça se passait à la Marbrerie, du côté de Montreuil dans le 93, un lieu super sympa aux murs et sols bruts ( une ancienne marbrerie quoi ) qui a un superbe volume et un charme…brut. Je m’y rendais pour la première fois au mois d’Avril à l’occasion d’une soirée colombienne, où nous avons pu assister à des concerts et un cours de cumbia ! C’était top, quoi que super bondé, les vigiles n’était vraiment pas conciliant, ni sympa…mais passons.

Rendez- vous avait été donné à 12h devant la mairie de Montreuil afin de participer à la parade, que dis-je, une marche de célébration en l’honneur de la femme noire, donné par le collectif 30 nuances de noir.es et j’étais si heureuse de les voir ( ENFIN) ! Iels sont glorieuses,  fières,  magnifiques et élèvent chacun d’entre nous à un sentiment de reconnaissance rarement ressenti, à chaque écho de voix, à chaque note, à chaque mouvement.

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©seka

Un de mes nouveaux rêves : faire partie de ce groupe de personnes et être aussi magnifique ! Vraiment vivre des moments comme ceux-ci est ce que j’appelle une bénédiction !

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Arrivé.e.s à la Marbrerie, je me rue sur le brunch proposé et concocté par la cheffe Clarence KOPOGO confondatrice de Table Nali… Que c’était boooon. Je vous mets le menu ici juste pour vous faire saliver. Nous avons goûter à tout ! Et a donne de bonnes idées, notamment les oeufs brouillés émulsion de cacahuètes…du bonheur pour nos papilles!

 

 

 

Précision : je me suis rendue seule à ce festival parce que j’ai l’habitude de faire des choses seule, mes amis n’étant pas disponibles ou pas intéressé.es… et cela ne me dérange pas : ciné, restau, verre en terrasse, promenade… Ce sont aussi des moments importants, où on fait des rencontres différentes et d’ailleurs ce jour là j’ai passé plusieurs moments dans la journée avec une femme qui était venue seule et une autre qui était venue avec son adorable bébé (d’ailleurs allez voir son blog si ça vous dit elle est géniale http://www.notjustforus.com/ ) Nous avons mangé ensemble et nous séparions aussi pour déambuler ou assister à des ateliers pour nous retrouver plus tard. En parlant de ces derniers je m’étais inscrite à deux ateliers durant l’après-midi. Ci-dessous le programme :

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Sur la scène principale se tenait des discussions et échanges avec différentes intervenantes telle la marraine de cette première édition la réalisatrice Leïla SY, l’autrice et metteure en scène Gertry Dambury, l’activiste Assa Traoré, la comédienne, autrice et metteure en scène Maroussia Pourpoint et tant d’autres!

Il faut savoir que j’ai eu énormément de mal à me décider dans le choix des ateliers mais finalement j’ai choisi l’atelier sur le journalisme avec Coumba Kane, journaliste au Monde Afrique et Hortense Assaga journaliste culture du continent africain.

Les échanges furent très très très intéressants et soutenus. J’ai écouté avec une très grande attention mais j’avoue que cela était dur de suivre…surtout après manger ! lol mais je ne me sentais pas poser ni ajouter plus de questions face à un auditoire aussi connaisseur de la thématique…mais j’ai énormément appris et cela m’a apporter des pistes de réflexion notamment le choix du support d’information en ce qui concerne l’actualité du continent. En résumé je souhaite lire de la presse locale des différents pays africains pour avoir une autre approche.

Puis vint l’intervention de Marie Da Sylva ! Qui est-elle ?La légendaire Coach et créatrice de NkaliWorks ! Si vous avez twitter, suivez ses threads #jeudisurvieautaf  (son compte @napilicaio) qui sont vraiment des récits « ascenseur émotionnel » : de voir des « pépites » se faire malmenées en milieu professionnel par des « Pimpy » et autre « Jean-connard » puis vivre les retournements de situation grâce aux stratégies pour contourner ces oppressions…. c’est tellement riche et inspirant!!! Même si son travail est du sur mesure, elle nous rappelle que nous ne devons JAMAIS justifier notre humanité face à nos collègues qui usent du racisme systémique et ordinaire. Quelle femme! J’étais heureuse de la voir et de la remercier en personne de m’avoir donner tant de force pour commence mon processus de confiance en soi …je vous en reparlerai dans quelques semaines car je participe à une session coaching pour me préparer à des entretiens professionnels… Wait and see !!!

Après ce moment de pure transmission de force, je suis retournée sur la mezzanine pour me rendre au deuxième atelier et avant d’y aller je me suis arrêtée au stand du collectif afrofeministe Mwasi, où j’ai acheté ces objets qui ont une grande valeur à mes yeux :

Elles proposaient également un objet fort intéressant et qui me serait bien utile dans la vie de tous les jours : un pisse-debout ! Si vous me le demandez je vous en parlerais une fois que j’en aurais fait l’acquisition, avec grand plaisir !!!

 

Puis est venu le temps de nous retrouver dans la salle où allait se tenir le second atelier auquel je m’étais inscrite :  » Se réapproprier l’intime » ( une piste pour un prochain billet assez intime auquel j’avais déjà penser mais que je ne savais pas comment aborder…) et j’ai rarement de ma vie, été aussi émue ! Les deux intervenantes étaient à l’écoute mais se sont également livrée à nous de façon tellement franche…on en a plus l’habitude. Les langues se sont déliées et chacune à pu s’exprimer sans se sentir jugée, dans une atmosphère où la règle principale était naturellement LA BIENVEILLANCE ! 

Merci à Axelle Jah Njiké et Sharone Omankoy qui nous ont promis de mettre en place rapidement des ateliers  pour aller plus loin ! La première est autrice et travaille avec des personnes qui ont subit des violences sexuelles notamment des mutilations, la seconde est travailleuse sociale et accompagne des personnes atteintes du VIH. Elles m’ont donné envie de participer à ces actions. Pour en savoir plus Vous pouvez les retrouver sur le podcast @memysexandI pour Axelle et sur  https://lekitambalaagite.tumblr.com/ pour Sharone, où sur les réseaux sociaux qui ont les mêmes intitulés.

Après ce moment fort en émotion je suis sortie me balader au soleil et écouter Leïla Sy et Maroussia Pourpoint lire à voix haute, sur la place de la mairie, les mots laissés par les participant.es pour remercier les femmes qui les inspirent au quotidien. Encore un magnifique moment.

Puis je suis retournée à la Marbrerie pour suivre les concerts, voir Adiaratou et Dolorès sur scène, très émues m’a bien entendu fait pleurer. Et j’ai rencontré une jeune femme avec qui j’ai bien échangé sur les différentes luttes des femmes noires. Je n’ai pas pu rester et suivre tous les concerts mais je vous recommande fortement de suivre Kami Awori , vous m’en direz des nouvelles !

Alors en conclusion :

+++ C’était magnifique j’aurais aimé que cela dure plus longtemps

+++ Ces moments sont très importants et nécessaires devraient être plus fréquents

— Parfois des moments gênants par des personnes – ne prenons pas de détour – blanches qui commençaient par « oui mais moi en étant blanche j’ai la même expérience que vous » (invalidation de nos propos, homogénéisation des traitements…), des mecs qui prenaient en photos les personnes venues en tenues traditionnelles sans demander la permission et un peu en cachette, regards insistants…des gens qui ne savaient pas trop pourquoi iels étaient là…je me suis posée la question d’un festival non inclusif…mais bon on va dire que ça leur permettra d’apprendre…(en 2018 nous sommes hein)

— Pas pu faire tous les ateliers et écouter toutes les discussions, ni voir les exposants et personnes qui tenaient les stands en mezzanine, à part le collectif Mwasi mais ce fut assez bref pas eu le temps d’échanger

Voilà, je suis super prête pour la seconde édition et BIG UP PLEIN aux organisatrices et petit coucou à Estelle Prudent mais aussi Audrey Warrington aka Badassmaman et co-créatrice des Rendez-vous SexCare.

Pour aller plus loin :/https://lafrolesite.wordpress.com/

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Expo – « La lutte » de l’artiste Josué Comoe

Cela fait deux semaines que je voulais écrire sur cette exposition. Mais il était peut être un peu trop tôt…trop tôt…ce n’est pas vraiment pas dans l’ère du temps de le prendre justement, quand chacun écrit et publie instantanément tout ce qu’il vit. Ici, sur mon blog, mon espace, le vôtre aussi, on prend son temps.

Et j’ai aussi pris le temps dernièrement de renouer avec l’art sous toutes ses formes. Un besoin vital. Mais trêve de blabla, enfin non continuons le blabla mais centrons le sur cette exposition que j’ai été voir à l’espace 33, rue Bouret dans le 19e arrondissement de Paris, un jeudi de mai. C’était l’avant dernier jour et je m’en serais voulue à vie si je n’y avais pas été !

Je pensais arriver et, comme dans certaines galeries, être seule face à des toiles, croiser l’artiste et lui exprimer mon admiration ( mouais je suis tellement timide que je lui aurais juste esquissé un sourire flippant). Mais ce n’était pas le cas ! Une dizaine de personnes déambulaient, prenaient des photos, des Snaps … je désapprouve quand on prend vraiment TOUT en photo donc ok on en prend une ou deux puis on vit le truc.

J’ai moi même pris cette photo qui illustre ce billet et je vous explique pourquoi.

Cette pièce faite avec un stylo, m’a mis un coup de poing, oui vraiment, je l’ai senti dans le creux de mon ventre, brutal et déstabilisant. Cette sensation d’avoir mal, de vouloir pleurer mais de ravaler ces larmes et tenir ma tête bien haute afin d’affronter …une menace. ( La photo ne pourra pas retranscrire l’émotion de ce retrouver en face et de voir tous les détails).

J’ai pu suivre depuis plusieurs mois, le travail et les questionnements, positionnements de cet artiste, sur les réseaux sociaux mais je n’avais pas vu ces pièces là.

Et c’est ce que j’aime. Quand une œuvre te parle directement, par l’émotion pure et inexpliquée.

Car nous avons eu la chance d’échanger avec l’artiste qui nous a partagé son parcours et la naissance de ses œuvres. Quand il a parlé de ces toiles créées au stylo, nous avons pu comprendre le processus de création et les sentiments l’accompagnant et j’ai été émue encore une fois. Différents degrés de lecture. Une seule émotion.

Nous avons eu la chance d’avoir les éclairages par l’artiste de son œuvre et cela m’a beaucoup touché car j’ai fait des études en médiation culturelle et rendre accessible toutes les œuvres est d’une importance fondamentale pour moi.

Après j’attache une grande importance aux ressentis et premières impressions avant d’avoir le contexte de création autour de l’oeuvre.

Sans tout vous dire, Josué Comoe raconte à son auditoire qu’il était en colère à ce moment. Aujourd’hui je lui réponds que j’ai reçu ses sentiments en pleine face, que face à ce tryptique il a touché 1000 âmes dans leur singularité tout en éveillant un sentiment sûrement universel.

N’est-ce donc pas à la fois la chose la plus magique pour nous, êtres de sens, dans un mode qui nous déshumanise ? ( Question claire ou pas ? Lol).

La parole complète et précise, mais sincèrement, je vous invite à découvrir cet artiste dont il me tarde de voir où ses prochaines oeuvres nous porteront.

J’ai aimé « Florence, portraits à la cour des Médicis » au Musée Jacquemart-André à Paris

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C’était la première fois que je me rendais dans ce musée privé…Un lieu calme, classique, des couples quinqua, des jeunes filles emmenant leurs grand-mères, et nous…ma meilleure amie, historienne de formation, et moi, pas super discrète…moi avec mon gros bidon et ma robe à frange…elle qui s’écrit à chaque tableau « roh putain comment il s’est touché Bronzino »

J’ai beaucoup aimé l’introduction en vidéo sur le maniérisme (par Hector Olbak, historien et critique d’art), qui permet de comprendre comment les peintres représentaient les mains de ces nobles …comprendre le message à travers la gestuelle représentée…j’ai adoré !

http://www.arte.tv/guide/fr/043028-000/grand-art  (Un lien pour approfondir)

J’ai aimé redécouvrir la généalogie des Médicis et voir « leurs ganaches » ça m’a renvoyé à certains de mes cours d’italien au lycée…

Car oui j’aime l’art italien, mais plus largement les portraits, j’aime comme les artistes captent un sentiment que nous seul interprétons, des siècles plus tard…. Parfois il y’ a aussi des choses qui m’interpellent, pour moi des défauts (le corps trop proéminent par rapport au visage)  mais le sentiment qui m’a envahit lors de cette exposition comme toujours, c’est le décalage de nos époques, de nos mœurs, qu’on ne se comprendrait peut-être pas (les personnes représentées et nous)… alors je les fixe et cherche une réponse dans leurs regards….s’ils me voyaient en face d’eux ils ne seraient pas aussi calmes …ahahah !