Le cheveu crépu sur nos écrans (pour le magazine Beauty radar – n°4- Août 2017)

 

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Films, séries, documentaires, clips, publicités…nous passons beaucoup de temps devant nos écrans, à suivre des programmes avec plus ou moins d’assiduité. Seulement il n’est pas difficile de constater qu’il y’ a très peu de diversité, notamment à la télévision, et donc peu de représentations où tout un chacun pourrait se reconnaître et s’identifier.

Depuis les débuts de la télévision et du cinéma, les minorités sont représentées à coup d’images clichés et la plupart du temps dans des rôles peu flatteurs, afin de souligner l’image du  héros joué par des protagonistes blancs.

Grâce à la multiplication des chaînes et la mise en place de médias par et pour les noirs, une culture télévisuelle noire apparaît, plus spécialement aux États-Unis, avec des programmes comme Soul train, les films de la blaxploitation, les talks et séries grand public auxquels de nombreux afro-américains peuvent s’identifier.

Petit tour d’horizon d’hier à aujourd’hui sur la présence des noirs et du cheveu afro sur nos écrans.

La Blaxploitation

Ces films commerciaux, objets de divertissement destinés aux noirs, apparaissent aux Etats-Unis dans les années 1970 sur fond de lutte pour les droits civiques. Bien que non politisés, les protagonistes de ces films portent pour la plupart fièrement leurs cheveux naturels comme symbole de fierté, de glamour et de pouvoir. Le protagoniste noir n’est plus le criminel, le domestique ou l’homme destiné à mourir mais bel et bien le héro. Alors même s’il n’y a aucune volonté de porter un message politique et que les films sont remplis de stéréotypes alimentant notamment la sexualité des femmes et hommes noirs, les héros sont associés au black power d’Angela Davis et des Black Panthers, car le cheveu crépu est visible.

Oprah Winfrey

Elle est définitivement une des figures les plus importantes de la télévision américaine : engagée pour la communauté afro-américaine et de nombreuses causes porteuses de messages de tolérance, la productrice, actrice et  animatrice TV,   fait partie du mouvement de l’émergence de médias pour les noirs tels que BET. Cependant elle n’était pas souvent apparue avec ses cheveux non lissés avant 2012 où on peut notamment la voire en couverture de son magazine The Oprah Magazine. Cette couverture a suscité de nombreuses réactions sur la véritable nature de ses cheveux…mais beaucoup salueront son geste à encourager chacun à être soi-même.

Good Hair de Chris Rock

Le comédien afro-américain Chris Rock a réalisé un film-documentaire intitulé « Goodhair » qui traite des rapports des afro-américaines avec leurs cheveux. Chris a décidé de mener ce projet lorsque sa fille Lola, âgée de 6 ans, lui a demandé pourquoi elle n’avait pas de beaux cheveux en faisant référence à sa chevelure crépue. Dans ce documentaire il s’entretient avec des célébrités afro-américaines comme Nia Long, Raven Symoné, Meagan Good, qui partagent leur expérience et de nombreuses anecdotes sur leur rapport à leur cheveux naturels ou pas mais aussi avec des vendeurs de cheveux synthétiques et naturels. Ce documentaire très complet est une référence en la matière sur le thème du capillaire.

Viola Davis est une actrice connue pour ses performances cinématographiques marquantes notamment dans « la couleur des sentiments » grâce auxquelles elle a été révélée au plus grand nombre notamment en France. Depuis 2014 elle campe le rôle d’Annalise Keating dans la série Murder produite par Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy, Private practise, Scandal …) où on la voit à de nombreuses reprises retirer sa perruque à l’écran. Ce choix a été fait car il montre tout simplement le quotidien de nombreuses femmes. En dehors de ses rôles, l’actrice apparaît très souvent avec ses cheveux naturels lors des cérémonies de remises de prix où elle transmet à chaque fois avec ferveur un message d’amour de soi destiné aux femmes noires.

Il en est de même pour Lupita Nyong’o,  élue en 2014 la plus belle femme du monde, par le magazine américain People. L’actrice mexico-kenyane qui a longtemps souffert de sa couleur de peau, jugée trop foncée est aujourd’hui souvent citée comme ambassadrice de la beauté noire.

En France Inna Modja porte son afro naturellement et sans complexe car depuis petite elle a été entourée de femmes qui ne défrisaient pas leurs cheveux. Aïssa Maïga parle aussi de son amour pour le cheveu afro et de la possibilité de changer de coiffure comme bon nous semble en respectant sa nature. D’ailleurs les deux artistes se livrent sur leurs expériences dans l’ouvrage « Afro » de Rokhaya Diallo, sur leurs expériences de vie capillaire. L’auteur et journaliste a aussi fait le choix de porter ses cheveux naturels. Dans son ouvrage apparaît aussi Christiane Taubira, femme politique française qui a souvent cristallisé les pensées racistes d’une société française et qui porte fièrement et naturellement ses cheveux tressés. Lors de l’édition 2016 de la Natural Hair Academy elle évoque des « freins posés par des préjugés indélogeables » mais invite tout le monde à ne pas basculer d’un côté ou un autre de la méprise.

Le bleu blanc rouge de mes cheveux de Josza Anjembe

Ce court métrage légèrement autobiographique raconte l’histoire d’une jeune fille de 17 ans, d’origine camerounaise, qui se passionne pour l’histoire de la France, le pays qui l’a vue naître et qu’elle aime. D’ailleurs elle souhaite plus que tout acquérir la nationalité française mais va rencontrer quelques obstacles sur sa route à cause de … ses cheveux !

Je tiens à ajouter une chose qui ne figure pas dans l’article mais lors d’une projection avec a présence de la réalisatrice des gens lui ont posé la question « est-ce vous dans le film ? » alors qu’elle ne ressemble absolument pas à son actrice …je suis encore choquée!

Ouvrir la voix d’Amandine Gay

Ce documentaire qui sortira en salles à l’automne 2017, met en lumière des récits de femmes noires en France qui racontent leur quotidien, entre préjugés et lutte pour s’affirmer. L’affiche parle d’elle-même !

La Série insecure

Saison 1 épisode 1, dés les première minutes on voit la protagoniste devant une salle de classe qui se fait interpeller par une élève « c’est quoi cette coupe ? Mettez des extensions sauf si vous aimez votre coiffure (rires)- réponse d’une autre élève « ne soit pas impolie elle est africaine » (rires). Le ton est donné ! Insecure c’est l’histoire d’Issa Rae, une jeune femme avec des qualités et des défauts, une vie normale avec quelques touches de racisme ordinaire notamment dans son milieu professionnel.

Dans le même style on peut aussi parler de la série Chewing-gum de Micaela Coel,de nos chères prisonnières dans Orange is the New Black ou encore de Donald Glover dans la série Atlanta.

Dear White People

L’affiche du film sorti en 2014 représente la moitié d’un visage et un afro d’où une main tire une mèche de cheveu. Le titre du film parle de lui-même car ce sont des étudiants afro-américains qui s’adressent à leurs camarades blancs pour leur faire comprendre que le racisme et l’irrespect doit prendre fin. C’est aussi l’histoire d’une émancipation, de la connaissance de soi qui passe par la perception de l’autre. Dans la série sortie en 2017 la place du cheveu est importante et est un indicateur de l’évolution des personnages.

Et pour finir….

Les plus jeunes ne se souviendront peut-être pas des réactions des arrivées de Harry Roselmack et Sébastien Folin sur TF1. L’un sans cheveu et noir, l’autre métisse avec une chevelure abondante qui en ont fait parlé plus d’un !

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YEMI ALADE: Princesse Afropolitaine (pour Radar Black Magazine – n°3 – juillet 2017)

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Paris, 3 avril 2017, 19 h. A quelques jours de son concert dans la salle parisienne du Trianon, Yemi Alade nous tease sur les réseaux sociaux : «  Paris, nous sommes enfin là  ! ». Nous rencontrons ce jour Yemi Alade à l’occasion d’un point de presse qu’elle donne dans les locaux de Torpedo Productions dans le 18ème à Paris. La chanteuse nigériane de 28 ans est heureuse de revenir à Paris tout juste deux ans après son dernier passage, pour la sortie de son premier album «  King of the Queens  ».

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@par coeurdelouve.com

 

Yemi Eberechi Alade, chante depuis son plus jeune âge dans le choeur de son église à Lagos et c’est en 2005, à l’âge de  16 ans qu’elle se lance au sein d’un girls band «Noty Spice  »  qui ne rencontre pas un grand succès. Le tournant de sa carrière arrivera en  2009 lorsqu’elle gagne le télé-crochet «  Peak Talent show  » qui va lui donner la confiance nécessaire pour poursuivre sa carrière musicale.

Trouvant son inspiration dans les différents environnements qu’elle côtoie, la jeune artiste en herbe travaille beaucoup et met son inspiration au service de la musique ne cherchant pas  à sortir un hit à tout prix. C’est pourtant ce qui arrivera  lorsque le morceau «  Johnny  » fuite en ligne et suscite immédiatement l’engouement des internautes qui propulsent la jeune femme au rang de star internationale, notamment au sein de la diaspora africaine. Le titre est devenu un véritable classique, loin de tomber dans l’oubli et appartenant à une génération de jeunes africains ou afrodescendants qui se l’approprient. C’est le cas de Micaela Coel, comédienne anglaise d’origine Ghanéenne, qui utilise le titre à deux reprises dans sa série « Chewing-gum ».

Et c’est précisément ce qui traduit le succès de Yemi Alade: une musique qui dépasse les frontières du Nigéria et du continent africain. Comme elle-même le dit  si bien: «  la musique africaine est globale et unique, les seules différences viennent des langues employées mais la puissance est la même  ». Cet état de fait est justifié par le succès ces derniers mois d’artistes africains aux Etats-Unis. On peut citer la collaboration de l’artiste Nigérian, Wizkid avec Drake sur le titre «  Hush up the silence  », le titre Afrobeat d’Omarion «  Distance  » ou encore Jidenna qui renoue avec ses origines nigériannes.

Yemi Alade confirme que  «  La musique africaine lui rassemble  profondément c’est pourquoi elle est extrêmement fière d’être considérée comme une de ses ambassadrices  » et d’avoir pu travailler avec de nombreux artistes comme Marvin ou Trey Songz.

Les réseaux sociaux ont apporté un certain dynamisme pour favoriser la connexion de différents artistes, ce qu’elle encourage en participant à l’émission Coke Studio Africa, qui réunit plusieurs artistes africains sur un plateau pour des performances musicales. Engagée en faveur de la création artistique, Yemi Alade l’est aussi auprès de l’organisation ONE dans la lutte pour l’émancipation des femmes, l’accès aux soins et à l’éducation de ces dernières car pour elle «  lorsqu’on éduque une femme, on éduque toute une génération  ». Son implication en faveur de causes féministes est soulignée par sa participation au titre «  Strong girl  » aux côtés de  8 artistes africaines et la signature de la lettre aux dirigeants pour sortir la femme de l’extrême pauvreté.

Son nouvel album «  Mama Africa: The diary of an african woman  » porte aussi la voix d’une femme qui sait ce qu’elle veut et ne veut plus, à travers des chansons sentimentales et entraînantes. Même si l’ensemble de ses fans ne comprend pas toutes ses  paroles, il comprend bien l’identité de la jeune artiste à travers ses clips et sa scénographie.

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@by coeurdelouve.com

Le concert qui affiche complet, confirme l’adhésion de son public francophone impatient de la voir apparaître, qui scande déjà son nom durant la première partie, assurée par la chanteuse franco-congolaise Djany, l’artiste camerounaise Adel Katt et le jeune franco- togolais nigérian, Pheno Ambro.

Entourée de son fidèle orchestre, l’OvaSabi Band, Yemi apparaît enfin sur scène dans une première tenue qui lui donne une allure féline et royale et domine la scène de sa prestance et de sa voix notamment sur le titre «  Na Gode  ». Confirmant son affection pour la langue française, elle reprend son titre «  Kissing  » avec le chanteur Marvin, s’adressant à plusieurs reprises à son public en français et électrise à nouveau la foule lorsqu’elle réapparaît dans une tenue signée de la marque nigériane, AMARELIS ATELIER.

Quand on lui pose la question de savoir où elle trouve l’inspiration pour ses tenues, ses accessoires et ses coiffures,  elle répond avec humour et franchise « Vous voulez que je partage avec vous tous mes secrets  ?! Je suis africaine et comme pour mes chansons tout ce que je fais est en rapport avec l’Afrique, je suis fière d’être celle que je suis, nous devrions tous l’être  »

Yemi Alade réussit son retour en France et confirme son souhait de préparer un EP en français, pour se rapprocher de son public francophone et rassembler toujours plus autour de la musique africaine.

Un joyeux Non- anniversaire : 33 mois de Locks !

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Liberté, adieu les maux de tête et  démangeaisons du cuir chevelu ! FREE!

Je n’aime pas trop les dates anniversaires (même si j’ai une excellente mémoire pour celles-ci) c’est pourquoi je décide d’écrire ce billet maintenant  environ 2 ans et demi après le départ de mes (bébés) locks !

Bon je vous avais déjà expliqué Pourquoi j’ai decidé de faire des Locks ?

Qu’en est-il aujourd’hui, allez-vous me demander? (Ou pas) Et bien je vais vous l’dire tiens !

UNE DES MEILLEURES DÉCISIONS PRISE DE MA VIE.

Mes cheveux font leur vie, je ne passe plus de heures à les manipuler ou à leur faire supporter le poids et matière de mèches synthétiques. J’ai vécu leur évolution au fil de ma grossesse alors que mon corps changeait également.

Depuis deux ans j’ai essayé différents produits et routines (Ma routine capillaire post grossesse ) qui étaient bien, puis j’ai eu malheureusement une chute de cheveux dûe aux magnifique cocktail « hormones post-grossesse-accouchement-allaitement »… J’ai assez mal vécue cette période où mes cheveux furent fragilisés surtout au niveau du front et des tempes (j’en parle ici ). Heureusement tout est revenu à la normal, la repousse s’est faite comme il faut même si cela a affiné la base de mes locks dans cette région…

Aujourd’hui je vais moins voir ma lockticienne (2 fois pas an) et voici ma routine :

  • Shampoing au savon noir 1 fois tous les 10 jours ou plus souvent quand il fait chaud ou quand je fais du sport. Je ne tiens pas un agenda je sais quand mes cheveux sont sales voilà 🙂
  • Mon Vapo composé d’eau minérale, d’eau de rose (qui apporte une odeur très agréable), d’huile de ricin et d’huile essentielle d’arbre à thé ou de romarin à cinéole
  • Lavage en profondeur ou décrassage tous les 3/4 mois : eau chaude, Bicarbonate de soude, citron et une huile essentielle. (Il me faut l’aide de quelqu’un pour bien atteindre l’arrière de ma tête)
  • Je tourne les racines de temps en temps, en après deux shampoings car je ne souhaite pas trop  manipuler les racines …même envie de juste les séparer et ne pas les toucher, plus vers le free form 😀

Voilà rien de bien compliqué, j’achète tout sur le site d’ Aroma -zone sauf l’eau de rose et le bicarbonate que je trouve en supermarché.

Le résultat est que j’ai des locks qui vont bien et qui ont une pousse incroyable! Je n’étais pas impatiente de les avoir longues, à les mesurer ou autre, au contraire je n’ai pas vu le temps passer et ce sont les gens qui me font la remarque souvent « Mais tes cheveux ont poussé ! »

Franchement je ne regrette pas, je ne pensais pas que ça aurait pu être une aussi belle façon, de se sentir soi-même, pleinement et de réaffirmer aux gens qui ont déjà eu le toupet de me dire « oh non mais je te préférais avant, pourquoi tu ne lisses pas tes cheveux, pourquoi tu n’es pas comme ci ou comme ça … » que justement je suis actuellement comme j’ai envie d’être, que je suis une femme noire et que mes cheveux sont comme ça, et que j’en suis fière!

Je n’avais pas pris la décision pour suivre une mode, j’en voulais depuis longtemps mais peur du jugement et du monde extérieur notamment celui du travail mais à un moment le monde doit nous accepter avec tout ce qu’il y’ a plus normal !

NOS MAGNIFIQUES CHEVEUX CRÉPUS OUI!

(Ou sans cheveux et avec  de la couleur si on le veut ! )

L’évolution en photo -je n’en ai pas énormément je ne m’accepte pas trop en photo (I’m trying)- pour se faire une idée!