Podcast du cœur #4 : Mon rapport aux croyances

 

 

 

* Retranscription en cours* merci de me laisser un mot ou mail pour que je vous prévienne une fois que ce sera fait ! Et je suis désolée pour la qualité pas optimale mais j’enregistre avec mon téléphone en attendant de m’offrir un bébé-micro ! Bisous

Publicités

Agression sexuelle : Parler ? Mais pourquoi ?

Je ne sais vraiment pas par où commencer, donc je vais écrire au fur et à mesure et essayer de construire une pensée organisée…peut-être commencer par vous expliquer pourquoi ce billet.

Le sujet est sensible et n’engage que moi, cependant j’attends , des échanges mais surtout de l’écoute des uns envers les autres.

Bon voilà.

Ces lignes auraient pu rester dans mon journal intime ou dans le cabinet d’un psy mais je tiens à les poser là, pour ceux qui ont besoin qu’on leur tende la main et pour ceux qui ont besoin d’une prise de conscience.

On m’a agressé sexuellement il y’ a seulement deux semaines et je n’ai pas attendu pour en parler.  Moi qui communique avec grande difficulté et n’arrive pas à exprimer tout ce que je ressens, je n’ai pas attendu. J’ai parlé avant de réaliser, j’ai parlé avant de me sentir m’écrouler, j’ai parlé parce que ma vie en dépendait. Mettre les mots sur ce moment où inconsciente une personne s’est introduite dans mon lit pour me toucher sans mon consentement.

Au delà de ce choc, de l’incertitude, du sentiment de culpabilité et de souillure, je vis une expérience encore plus terrifiante : La réaction des personnes au courant. Il se trouve que ma parole est mise en doute.  La gravité de cet acte est minimisée puisque mon agresseur a tout simplement attiré l’attention en parlant de ma personnalité sans mœurs et pleine de vice … Ainsi le problème principal a tout simplement été déplacé…. et il a été dit ~je grince des dents rien qu’en l’écrivant ~  » Il a peut être été trop loin, mais de là à parler d’agression sexuelle, il ne faut pas abuser… »

Est-ce que vous imaginez la violence de ces réactions ?

Je n’ai pas été violée au sens juridique, tel que cela est défini dans le code pénal « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. » , mais une phrase continue à tourner sans arrêt dans ma tête : la culture du viol a encore de beaux jours devant elle…

LIARAPE

Traduction : Il est innocent jusqu’à ce qu’on prouve qu’il est coupable mais je suis une menteuse jusqu’à ce que je prouve que je suis honnête #Pourquoilesfemmesneportentpasplainte

 

Alors j’ai vu un Psy. Une seule fois. Je lui ai raconté. Aucune réaction. En même temps il n’est pas là pour juger mais pour  aider à extérioriser. Mais je voulais l’entendre dire « ce n’est pas de vôtre faute, vous avez été agressée ».

Et je ne cesse de penser à toutes les personnes qui vivent des situations bien pires. Qui connaissent  la violence de cette société sexiste, homophobe, raciste et qui ne sont pas prises au sérieux. (Oui parce que la phrase « oh mais non ça va c’est pas sexiste/homophobe/raciste  parce que tin tin tin » on l’entend au quotidien ! * you fuckin’stupid people*)

Donc parce que je ne te ressemble pas et que tu te sens supérieur, je mérite ce que je vis ? C’est donc à moi de payer plus cher à cause de ton manque de matière grise, tes complexes, problèmes et le fait que tu stigmatises automatiquement les gens qui sont et pensent différemment ?

Les phrases qui commencent par des « Tu n’aurais pas du faire ceci ou cela/ mettre ceci ou cela/ être ceci ou cela  » devrait se transformer en « Cette personne n’avait AUCUN droit de ! »

Alors je vais tout simplement terminer par dire que je vais mieux car le jeu de la culpabilité n’a pas fonctionné longtemps. Je ne ressens aucune haine, ni colère juste beaucoup d’amertume envers des personnes en qui je n’avais de toute façon pas confiance.

Ce que je souhaite, c’est que le combat de beaucoup continue,  que le sujet soit beaucoup plus abordé avec les plus jeunes (et moins jeunes aussi, la preuve) qu’ils sachent que le corps d’autrui n’est pas un objet, peut importe la réputation, la tenue vestimentaire, si la personne semblait partante puis a changé d’avis …il n’y a aucune raison pour profiter de la vulnérabilité des autres. JAMAIS!

En ce qui concerne un éventuel dépôt de plainte je ne souhaite pas en faire part ici mais comme je fais ce billet parce que j’espère qu’il encouragera certains à parler je vous encourage à le faire et vous trouverez quelques renseignements sur ce site pour commencer.

La parole est une force libératrice, réparatrice mais aussi une véritable arme pour combattre l’oppression, alors  que ce soit à l’oral ou à l’écrit, parlez !

 

 

Je ne suis pas qu’une mère, ne vous en déplaise.

mamma17

J’écris ce billet assez sereinement et parce que cette semaine (va savoir pourquoi !) j’ai eu une multitude de raison de crier « Mais je ne suis pas qu’une mère hein ! parles moi comme à la fille que tu as connu il y ‘a 2 ans »

Oui car en effectuant un petit retour en arrière, je me rends compte que depuis l’annonce de ma grossesse   il s’est passé quelque chose d’assez impressionnant à vrai dire : Bien avant que je puisse faire le process de tout ce qui arrivait, le regard des autres sur moi avait instantanément changé

A l’annonce il y a eu Ceux qui étaient sincérement ravis et émus, Ceux qui s’y attendait ( « bah oui c’est la suite logique des choses » -ah bon ?) donc qui s’en foutait un peu aussi  et Ceux qui ont été effondrés car d’après eux ils allaient perdre une amie (RIP moi alors ). J’ai été surprise de voir que les réactions que j’attendais de la part des uns étaient exprimées et ressenties par les autres. Mais à ce moment c’était scellé, j’étais, comme mes amis proches m’avaient rebaptisée « Big Mama ». Inutile de vous dire que lorsqu’on s’adressait à moi ce n’était que pour parler de ma grossesse or ce n’était pas une nécessité pour moi (j’avais un journal et une groupe de filles rencontrées sur les forums, c’était amplement suffisant) et que  je ne voulais surtout pas bassiner les gens avec mes histoires de nausées, décollement,flatulences et autre joies inhérentes au développement d’un fœtus dans mes entrailles.

Quand notre fille est née, et c’est toujours le cas aujourd’hui, les gens se sont mis  à penser à ma place, notamment sur mon emploi du temps.  Oui on suppose que je ne peux pas forcément me libérer pour aller faire la fête, dîner ou aller au ciné (faire des trucs où on est bien quoi !) . Il est vrai qu’il faut s’organiser MAIS je fais toujours autant la fête ( c’est vital!), il est vrai que j’écourte parfois car je veux retrouver mon bébé et aller la chercher dans son lit lorsqu’elle se réveille et il est vrai que je me plains pas mal puisque je ne peux pas cuver tranquillement mais que mon devoir est de changer des couches et nourrir mon Gremlins -qui décide d’être dans sa plus grande forme les lendemains de soirées de sa maman (« bah oui t’as passé une bonne soirée sans moi ? tu vas morfler mauvaise mère que tu es !!!! »)

Alors oui le fait d’être mère a changé beaucoup de chose mais je ne suis pas qu’une mère. Qu’on arrête de m’envoyer des articles flippants sur tous les poisons présents dans les articles de puériculture, nourriture pour bébé et vaccins, qu’on arrête de systématiquement me juger parce qu’une mère ne devrait ni fumer, ni boire, ni passer du temps sans penser à son enfant, ni mettre des vêtements courts, ni se maquiller ainsi, ni dire de gros mots ( Fuck off satan asshole !)…parce que bizarrement tout ça, le papa ne le vit absolument pas ! Je me demande comment ça se passe dans les familles homoparentales ou monoparentales avec papa solo car pour moi (dites moi si je me trompe) c’est vraiment un aspect intrinsèque aux familles hétéroparentales où les rôles des genres sont cloisonnés voir immuables et de ce fait on se retrouve enfermé dans des sortes de miroirs déformants. N’est-il pas étrange de savoir qu’on nous voit totalement différemment de celle/celui qu’on est ?

Et cela me fait penser à des amis qui sont tombées enceinte très jeunes, et qui m’expliquaient qu’elles avaient perdu beaucoup d’amis qui fuyaient car l’enfant représente pour beaucoup la fin des bons moments,les pleurs et les soucis (ce qui est faux!). Cet isolement leur a apporté beaucoup de souffrance et aujourd’hui alors que j’ai eu ma fille en même temps que certains de mes amis j’arrive à comprendre mais que très partiellement ce qu’elles ont ressenti car il y’ a mes amis pour qui ça n’est pas le moment ou pour qui ça ne le sera jamais.

Il faut changer le regard sur les mamans et finalement sur les femmes  car j’entends encore beaucoup trop de « Et toi c’est quand que tu fais le tien ? » à des amis qui sont soit en essai, soit qui n’en veulent pas, soit qui n’y pensent pas ! (Non à partir de 25 ans une femme n’y pense pas 24/24h). Mais il faut aussi d’un autre côté stopper les propos culpabilisants sur l’égoïsme présumé des gens qui veulent avoir un enfant, et de réduire les femmes qui en ont plusieurs de « poules pondeuses » voir de profiteuse du système qui ne pensent qu’aux allocations familiales…(just kill me now)

J’oubliais de vous dire que je suis un putain de bisounours qui attend sans doute qu’on arrête de se juger les uns les autres à longueur de journée….

Allez Peace mes loups.