LIVRES : Des femmes et des-espoirs : une si longue lettre de Mariama Bâ et Celles qui attendent de Fatou Diome

Le voici, le voilà, mon tout premier billet littérature. J’en suis toute émue car en tant que grande passionnée de livre il est vrai que j’ai du mal à en faire de véritables critiques et je n’en ferai pas. C’est sans prétention que je vous partage sur ce blog les choses que j’aime , de façon parfois maladroite, mais avec beaucoup de passion.

Et quel plaisir d’ouvrir cette catégorie avec deux autrices que j’admire profondément et deux livres qui m’ont tout particulièrement bouleversée.

Mariama BÂ et Fatou DIOME sont toute les deux originaire de ce magnifique pays qu’est le Sénégal, pays de mes parents, que j’aime profondément, à la culture si riche et diverse. Ces deux livres sont différents, racontent des situations différentes, dans un style tout aussi différent., à des époques différentes.. et pourtant je les ai trouvé si beaux et proches dans leur message, c’est pourquoi je vous invite à les découvrir ensemble.

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LA VOIX DE FEMMES SUR PAPIER. Leurs espoirs, leurs joies, leurs craintes, leurs essences exposées avec une force incroyable et une vulnérabilité déchirante.

Venant moi-même d’une famille d’origine africaine, j’ai grandi entourée de non-dits et d’un voile de pudeur qui pouvait être si lourd. Exprimer ce que l’on ressent ? Non, on laisse bien les choses enfouies et on avance.

Souvent les choses sont dites à demi-mots ou métaphoriquement. Ainsi quel sentiment puissant j’ai pu ressentir à la lecture de ces mots, de ces femmes qui pourraient être mes tantes, mères, grands-mère, se livrant entières et sincèrement sur plusieurs pages.

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Il s’agit de femmes dans ce monde d’hommes, de ces femmes qui tiennent debout, portent ces hommes et l’espoir de tant. Elles ne sont pas soumises mais bel et bien malmenées, mises de côté, écorchées mais toujours prêtes à sacrifier le peu qu’elles ont et tout ce qu’elles sont pour ceux et celles qu’elles aiment .

Ces deux autrices parlent de l’exil, à la fois géographique, notamment Fatou DIOME dans Celles qui attendent qui racontent comment deux mères placent les espoirs dans le périples de leurs fils pour l’Europe, mais également psychologique, à travers la solitude dans laquelle on peut se retrouver face à l’attente, aux regrets et la pression d’un entourage se cachant derrière les traditions pour faire cas d’un grand opportunisme.

Est-ce que j’ai pleuré ? Évidemment ! A chaudes larmes souvent dans les transports en commun. Ces deux textes sont poignants et peuvent trouver de l’écho chez beaucoup de personnes, de tout horizon. Peu importe le sexe ou les origines, mais cela reste un bon moyen d’ouvrir son esprit à certaines questions et de se faire également de stéréotypes sur les femmes africaines et la société africaine.

Je vous recommande chaudement, ces deux livres disponibles en formats poche, qui se lisent et relisent rapidement.

Par ailleurs je lis actuellement, Le ventre de l’Atlantique de Fatou DIOME, j’ai également son livre La préférence nationale dans ma bibliothèque et je vais me procurer Un chant écarlate deuxième roman de Mariama BÂ, parue après sa disparition en 1981.

Connaissez-vous ces deux autrices, avez-vous envie de les découvrir ?

J’en profite pour vous parler de l’initiative de jeunes femmes passionnées de littérature et qui mettent en avant des autrices et auteurs noir.e.s lors de brunch littéraire en région parisienne. Voici leur page facebook : https://fr-fr.facebook.com/BookandBrunch/

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*N’hésitez pas à laisser vos recommandation lecture, je lis tout !*

 

 

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Podcast du Cœur #3 : Je voudrais être une meilleure mère

 

 

* Retranscription*

Hello Hello,

C’est le 3e podcast que j’enregistre, non sans grande assurance, mais on essaye ! Comme je disais sur les deux derniers, je ne prépare pas, je laisse plutôt les idées et mots s’écouler de ma bouche (archi désolée pour ce terme un peu dégueu ahah), Mais je sais dés le début ce que j’ai envie de vous dire.

Je souhaite vous parler aujourd’hui d’un sujet qui me turlupine depuis pas mal de temps et je pense qui nous accompagne tous en tant que parent : Je n’ ai pas l’impression d’être une bonne mère ou je n’ai pas l’impression d’être la mère que je voudrais être. Tout cela parce que j’ai l’impression de manquer de temps et de perdre du temps que je devrais passer avec ma fille au profit de ma vie professionnelle, qui n’est pas encore posée. Je vous parlais dans le podcast précédent Podcast du Cœur #2 : Confiance en soi et doutes, réalisations et échecs de mon désir d’avancer professionnellement, de me trouver etc. Je suis sur la bonne voie. J’ai pris des décisions qui ont été très positives au début de cette année et je me sens très bien vis-à-vis de ça, mais j’ai l’impression que peut importe les décisions que je prends au niveau pro il y’aura toujours ce truc qui me « gêne » ; Où est-ce que je place le temps avec ma fille ?

Là ça va mieux parce que au niveau des mes horaires j’arrive à gérer on va dire, mais j’habite loin des lieux où je dois me rendre, en plus des problèmes quotidiens des RER, du coup le matin je vois ma fille le temps de la préparer. On ne prend pas le temps de se poser, de prendre un temps pour nous parce qu’il faudrait qu’on se lève beaucoup plus tôt (moi 5h – elle 6h !!!) et ça veut dire que le soir comme j’arrive tard je ne la vois que très peu (à mon goût) parfois pas…Ce sont des équations assez difficiles.

Et ça me frustre énormément car je ne sais pas comment m’y prendre pour que cela soit mieux ! Je me dis que le temps que ma vie pro se stabilise, afin d’envisager éventuellement un 80 % ou alors gérer mon temps comme je l’entends avec mon statut d’auto-entrepreneure ….j’ai l’impression que c’est très utopique et que je ne vais pas y arriver, même si j’espère y arriver…mais bon pour l’instant le temps passe, elle est encore petite, mais je sens bien que pour moi les semaines sont difficiles.

Après le weekend je fais parfois des choses personnelles, en vue aussi de développer des aspects de ma vie pro, mais je tiens également à ma vie sociale- de jeune femme de bientôt 30 ans qui vit pour la danse– mais pas au détriment du temps passer avec ma fille et parfois je culpabilise de sortir… Quand on sort avec elle l’organisation  parfois compliqué en transport ( cf.Prendre les transports en commun avec bébé…) ou en voiture, même si on le fait, mais le facteur crises qu’elle ne réserve qu’à nous est épuisant…mais on le fait donc les weekend on profite quand même à fond d’être avec elle !

Du coup je me pose la question de savoir si le temps que nous passons ensemble est du temps  » de qualité » ? Est-ce que toutes les activités qu’on fait ensemble sont assez bien ? Est-ce que je dois faire plus ? Parfois quand je la regarde jouer seule, je me demande si elle est heureuse ?!

Je sais que d’être un bon parent c’est de tout faire pour que son enfant se sente bien. Ou du faire au mieux. Peut-être qu’elle ne le ressent pas ou si un peu, mais par exemple ces derniers temps en la déposant chez l’assistante maternelle elle a du mal et s’accroche à moi (ce qu’elle n’avait jamais fait!). Je ressens encore plus cette petite angoisse et du coup je me demande si je lui communique (ce qui ne serait pas bon car mon devoir est aussi de la rassurer).

Tout ce que je sais, c’est que je ne dois pas être la seule à ressentir ça, beaucoup de parents vivent ça, je n’ose imaginer pour les parents solos, ceux avec des horaires en décalés…donc…c’est quand même dur et c’est une question à laquelle je n’étais pas préparée.

Quand les personnes parlent de leur expérience de la parentalité ce n’est pas quelque chose dont ils parlent. On a souvent le droit aux sujets tel que les nuits, maladies et la joie que cela leur apporte de les voir évoluer mais PERSONNE ne m’a jamais dit  « ben écoute, le temps nous manque avec nos enfants » et voile je voulais le dire.

J’aimerais que tout le monde puisse ne pas ressentir ce genre de chose. A vrai dire j’aimerais savoir qui ressent ce genre de chose…Si vous avez trouvé des solutions…

Pour le papa de ma fille, mon compagnon, il passe plus de temps car il travaille pas loin mais me dit également que les journée sont longues sans elle, sans nous…enfin on assume d’avoir eu un enfant et on ne regrette pas mais bon c’est plus dur pour nous que pour elle à mon avis…je me dis ça pour me rassurer.

Du coup on ne parle pas encore d’avoir un deuxième enfant, mais je sais que le chemin ne peut pas se faire à partir du moment où je me dis mais comment ça va se passer ? Manquer encore plus de temps et puis je n’aurais pas la liberté de prendre un congés parental comme j’ai fait avec ma fille (jusqu’à ses 1 an et demi).

Alors je me dis avoir un autre bébé…je ne m’en sens pas capable…Mais who knows ? 😉

Du coup j’aimerais bien avoir vos avis, réflexions, « retours d’expériences », je pense que ça peut être très enrichissant. Comme je disais dans Podcast du Cœur #1 : LES INSTAMOMS ! ce que j’aime dans les échanges réseaux sociaux c’est l’échanges, et certains mots qui peuvent rassurer et puis ça pourra aider aussi d’autres parents !

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Voilà après c’est du Shit Chat,  mon téléphone qui vibre et des rires gênants !

J’espère que vous avez apprécié, n’hésitez pas à vous abonner à la page facebook et commenter si vous voulez partager ! Si vous voulez témoigner anonymement vous pouvez également m’écrire à ecrireacoeurdelouve@gmail.com

Si vous êtes intéressé.e.s pour participer à un prochain podcast écrivez -moi aussi !

Bisous

 

 

 

Film : « Much Loved » de Nabil Ayouch (2015)

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Aujourd’hui je découvre un film grâce à l’offre en clair de Canal+

Alors que je suis en pleine recherche d’emploi, 2 cafés dans le ventre, et ma fille qui pleure par intermittence car elle fait ses dents, je lis le synopsis pour voir si ça vaut le coup de chambouler mon emploi du temps pour regarder ce film.

« Marrakech, aujourd’hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d’amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant. » (www.canalplus.fr/cinema )

Intéressée par ces films qui mettent en avant les femmes tout en soulignant leurs souffrances et leur solitude face à une société patriarcale (cf. billets THE LUNCHBOX- RITESH BATRA-2013 / Des femmes et des huis clos : “Une journée particulière” et “Sur la route de Madison”/Mustang- Deniz Gamze Ergüven- 2015/ Ma liberté de danser…) je suis immédiatement happée par ces scènes de jour et de nuit, entremêlées de danses et de chants, de chairs et de tissus, de violence et de tendresse.

Le milieu de la prostitution filmé avec une grande justesse. Des personnages aux histoires singulières, aux histoires familiales chaotiques, mais qui se retrouvent dans l’entraide et une espèce de joie de vivre  et des rêves plein la tête ..un message d’espoir en somme.

Le film est déconseillé aux moins de 10 ans et a créé une vive polémique au Maroc, où il a été jugé pornographique. Les scènes sont crues, sans détours et le réalisateur dénonce l’hypocrisie des gens (pour ma part je l’ai ressenti de façon universelle), l’homosexualité non assumée, la transsexualité, le viol, le tourisme sexuel et la pédophilie.

Il est vrai que ma première réaction après avoir vu le film fut de me renseigner sur les actrice qui sont persona non grata dans leurs pays depuis qu’elles ont tourné le film.

L’actrice qui tient le premier rôle, Loubna Abidar, a d’ailleurs été agressée physiquement très violemment par 3 jeunes marocains et se fait insulter quotidiennement.

Alors pour son engagement,  sa liberté et son travail d’actrice je voudrais lui exprimer à elle ainsi qu’à ce remarquable réalisateur dont je découvre le travail, tout mon soutien.

Le combat continue ! Le cinéma est là aussi pour ça, porter des messages au plus grand nombre pour un jour espérer un changement des mentalités.

Pour aller plus loin : Interview Premiere.fr